JNCM / JNDC 2026
Les 16 et 17 avril 2026, l’hôtel Président de Yamoussoukro a accueilli la 11ᵉ édition des Journées Métiers, réunissant les cadres dirigeants de la communication, du développement commercial et du marketing, sous le nom des Journées nationales de la communication, du marketing et du développement commercial (JNCM – JNDC).
L’événement s’est tenu autour du thème : « Humaniser pour mieux vendre : l’expérience client au cœur de la stratégie communication-marketing-commerciale ».
Lors de son allocution d’ouverture, Monsieur Patrick APPIA a évoqué le parcours JNMétiers qui, à l’occasion de sa 11ᵉ édition pour les JNCM-JNDC, prévoit plusieurs sessions tout au long de l’année 2026, les JNCM-JNDC constituant la première. Madame Yacine FOLQUET a ensuite présenté le programme scientifique, en détaillant les thèmes abordés durant ces 48 heures ainsi que les intervenants. Cet événement d’envergure a réuni experts nationaux, professionnels et cadres dirigeants d’entreprise autour des enjeux stratégiques structurant la relation client.
A. OUVERTURE ET PANEL INAUGURAL
Le panel inaugural, co-animé par Messieurs Jonathan ZEBE, Directeur Général de ACTIVA ASSURANCES CI, et Elfried DIDEHIA, Directeur Général de DJAMO FINANCES, et modéré par Madame Hermine SYLLA, Directrice Générale du CABINET HERMSKA, a permis de saisir l’essence de l’expérience client comme levier principal de différenciation, de performance et de création de valeur.
B. SÉANCES THÉMATIQUES
1. Expérience client : humaniser la relation dans un monde digitalisé
Mme Véronique KOUADIO AKA, Directrice Marketing et Relation Client à la SOCIÉTÉ GÉNÉRALE CI, a insisté sur l’importance du capital humain en appelant à simplifier les relations clients afin de les rendre plus humaines, grâce à l’assistance, la proximité et l’optimisation des délais de traitement des plaintes et réclamations. Selon elle, la banque ou l’entreprise de demain ne sera pas la plus digitale, mais la plus humaine dans cet environnement digital.
2. Vente et négociation commerciale : leadership commercial et motivation des équipes de vente
M. Philippe KONATE, Directeur Marketing et Commercial chez SIKA FINANCES, a mis en avant la culture de la performance comme moteur pour dynamiser les équipes
de vente, appuyée par le leadership du manager. Il soutient que le commercial devrait disposer de contrats d’objectifs plutôt que d’actions ponctuelles reposant uniquement sur les primes.
Ce panel a été modéré par Mme Reine Anabelle Assohou, Responsable Stratégie Marketing, Experte en rebranding & Transformation digitale.
3. Stratégie de pricing ou valeur perçue
M. Patrick EPEE, Directeur Marketing Afrique Sub-saharienne de FRIESLAND CAMPINA, a revisité les perceptions liées à la fixation des prix. Pour lui, le prix est une perception variable, influencée et adaptable selon les lieux, pour un même produit. Il affirme que la valeur du produit précède son coût.
La veille média, le monitoring et la pige publicitaire au service de la stratégie de communication
M. Jonas Kacou DEDOMEY, Directeur Général d'Icone Communication et Millid, a rappelé que la communication moderne ne peut plus s’appuyer sur l’intuition seule ; elle doit être pilotée à travers trois outils essentiels : veille média, monitoring et pige publicitaire. Il précise que le communicant performant est celui qui comprend son environnement et agit avec précision via des outils systématiques et un suivi humain.
4. Événementiel stratégique, positionnement de marque et performance
M. Armel KOFFI, Directeur Général d’ORIGIN 7, soutient que l’événementiel dépasse la simple organisation logistique pour devenir un levier stratégique, permettant d’incarner une marque, de créer une connexion émotionnelle et d’engendrer des résultats mesurables.
Un événement réussi repose sur le triptyque émotion, engagement et empreinte durable, conduit selon un processus en six étapes, de la définition de la marque à la mesure d’impact.
Dans un contexte saturé, l’événementiel fait vivre la marque plutôt que de la montrer. La réussite se mesure moins par la visibilité que par la transformation opérée dans l’esprit du public.
5. Bâtir son réseau au service de la performance commerciale
M. Stéphane AQUEGNAN montre l’importance stratégique du réseau dans la performance commerciale, en positionnant le commercial comme principal levier de génération de revenus. Pour y parvenir, il est essentiel de mesurer, prévoir et optimiser la performance. Il détermine trois niveaux de construction du réseau : le réseau chaud (prioritaire pour conclure rapidement), le réseau tiède (à nourrir et convertir) et le réseau froid (à développer pour générer du volume) et conclut pour dire que le réseau n’est pas un simple atout mais un véritable actif stratégique, capable d’augmenter le chiffre d’affaires, de renforcer la crédibilité et d’ouvrir des opportunités durables, à condition d’être construit de manière intentionnelle et piloté avec rigueur.
6. La Communication Institutionnelle à l’ère de la transparence : entre influence et responsabilité
Mme Mame Pane SAKHO, Directrice de la Communication Institutionnelle et des Affaires Publiques du groupe NESTLE a démontré qu’à l’ère de la transparence, la communication institutionnelle ne peut plus se limiter à l’influence, mais elle doit être alignée sur les actes. Face à des parties prenantes de plus en plus exigeantes et scrutatrices, la confiance devient l’actif immatériel le plus précieux. Les entreprises ne sont plus jugées sur ce qu’elles disent, mais sur ce qu’elles font et assument. L’influence responsable se mérite par la preuve, l’authenticité et le dialogue, non par la manipulation. L’idée générale est que l’alignement entre discours, pratiques et impact réel est désormais la seule voie légitime pour influencer durablement.
Intervenant sur le même thème, mais pour l’administration publique, Mme Prisca SAHIRY, Directrice de la communication et des relations publiques du CEPICI explique que la communication institutionnelle publique, à l’ère de la transparence, doit passer d’une logique informative à une logique démonstrative. Contrairement au privé qui peut séduire avant de prouver, le public doit prouver avant de convaincre. Il ne s’agit pas de tout dévoiler, mais de dire vrai, avec preuves et contexte. L’influence légitime se construit sur des données vérifiables et la reconnaissance des erreurs, sans manipulation. Elle défend que la transparence crée la confiance, la confiance permet l’influence, et l’influence impose la responsabilité.
7. De la marque institutionnelle à la marque émotionnelle : comment créer un lien durable ?
Selon Mme ANIFA ZUNON, Directrice Général CREATEXTIVE, pour créer un lien durable avec les consommateurs, les marques doivent passer d’un discours institutionnel à une approche centrée sur la “justesse”, en répondant de façon simple, cohérente et utile à un besoin réel. Elle explique que ce n’est pas la communication ou l’émotion forcée qui crée l’attachement, mais l’expérience vécue par le client. L’émotion devient donc une conséquence et non une stratégie. Pour réussir cette transition, les marques doivent se recentrer sur les usages, s’aligner entre produit, discours et expérience, et se connecter aux moments de vie des clients. Elle termine avec cette phrase forte : « les marques qui marquent ne sont pas les plus visibles, mais celles qui répondent à un réel besoin. Et ce qui crée le lien durable, c’est la justesse ».
8. Entre position historique et exigence des clients : réinventer l'expérience client dans un modèle monopolistique
M. Guillaume BEDIE, Directeur Commercial Business CIE explique que, face à des clients de plus en plus exigeants grâce au digital, l’expérience client devient un levier stratégique incontournable. L’expérience client, mesurée par des indicateurs précis (satisfaction, effort, recommandation), doit être au cœur de toute la stratégie d’entreprise et portée par l’ensemble des équipes. Que ce soit en contexte concurrentiel ou monopolistique, une mauvaise expérience entraîne des risques
importants (perte de clients, sanctions, dégradation de l’image). Pour M. Guillaume Bedié, la position historique ne suffit plus. Seule une expérience client innovante, mesurée et continuellement améliorée permet d’assurer performance et pérennité.
C. CONCLUSION & PERSPECTIVES
La 11ᵉ édition des JNCM-JNDC aura démontré l’importance capitale des actions de communication et de développement commercial pour le compte de toute organisation, qu’elle soit privée ou publique. On peut retenir que la performance ne repose plus sur la maîtrise technique, mais sur l'humanisation de la relation client dont la confiance émerge comme le principal actif immatériel, et sa construction repose sur la preuve, l’authenticité et la responsabilité. Si le secteur privé peut encore séduire avant de prouver, le secteur public, lui, est soumis à une exigence de redevabilité. Expérience client : humaniser la relation dans un monde digitalisé.